Le château de Saché avec le Festival Rando

chateau de sache

Randonnée pédestre au château de Saché

L’Office de Tourisme du Val de l’Indre organise chaque été en juillet un festival de randonnées pédestres à thèmes, toutes situées autour d’Artannes.
En 2015, le Festival Rando fêtait ses 10 ans du 18 au 26 juillet 2015.

La visite du château de Saché et du musée Balzac, sur les pas d’Honoré de Balzac, fait partie des «standard» très apprécié de ce festival !

En suivant les pas des héros du « Lys dans la vallée », on redécouvre les moulins de Pont-de-Ruan (avec visite de la Maison du Meunier), le château de Frapesle, Clochegourde et le château de Saché, où Balzac situe l’essentiel de l’intrigue de son roman.

Saché : Le château du Lys dans la Vallée

C’est un logis de style renaissance mis au goût du xixe siècle par son propriétaire de l’époque, Jean Margonne.

De 1825 à 1848, Balzac y fait une dizaine de séjours et y trouve le silence et l’austérité qui, loin des turbulences de la vie parisienne et des soucis financiers, lui permettent d’écrire de douze à seize heures par jour.

C’est au château de Saché que verront le jour une dizaine d’œuvres de la Comédie Humaine, dont le Père Goriot, les Illusions Perdues et César Birotteau pour ne citer que les plus célèbres.

Il abrite aujourd’hui un musée consacré à Honoré de Balzac, dont on peut notamment visiter la chambre.

Le château de Saché, joyau de la vallée de l’Indre

le lys dans la vallée, roman d'honoré de balzac« Là se découvre une vallée qui commence à Montbazon, finit à la Loire, et semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines ; une magnifique coupe d’émeraude au fond de laquelle l’Indre se roule par des mouvements de serpent.

A cet aspect, je fus saisi d’un étonnement voluptueux que l’ennui des landes ou la fatigue du chemin avait préparé.— Si cette femme, la fleur de son sexe, habite un lieu dans le monde, ce lieu, le voici ?

A cette pensée je m’appuyai contre un noyer sous lequel, depuis ce jour, je me repose toutes les fois que je reviens dans ma chère vallée. Sous cet arbre confident de mes pensées, je m’interroge sur les changements que j’ai subis pendant le temps qui s’est écoulé depuis le dernier jour où j’en suis parti. Elle demeurait là, mon cœur ne me trompait point : le premier castel que je vis au penchant d’une lande était son habitation.

Quand je m’assis sous mon noyer, le soleil de midi faisait pétiller les ardoises de son toit et les vitres de ses fenêtres. Sa robe de percale produisait le point blanc que je remarquai dans ses vignes ! sous un hallebergier.

Elle était, comme vous le savez déjà, sans rien savoir encore, ’’ le lys de cette vallée’’ où elle croissait pour le ciel, en la remplissant du parfum de ses vertus.
L’amour infini, sans autre aliment qu’un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie, je le trouvais exprimé par ce long ruban d’eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d’amour, par les bois de chênes qui s’avancent entre les vignobles sur des coteaux que la rivière arrondit toujours différemment, et par ces horizons estompés qui fuient en se contrariant.

Si vous voulez voir la nature belle et vierge comme une fiancée, allez là par un jour de printemps, si vous voulez calmer les plaies saignantes de votre cœur, revenez-y par les derniers jours de l’automne ; au printemps, l’amour y bat des ailes à plein ciel, en automne on y songe à ceux qui ne sont plus. Le poumon malade y respire une bienfaisante fraîcheur, la vue s’y repose sur des touffes dorées qui communiquent à l’âme leurs paisibles douceurs.

En ce moment, les moulins situés sur les chutes de l’Indre donnaient une voix à cette vallée frémissante, les peupliers se balançaient en riant, pas un nuage au ciel, les oiseaux chantaient, les cigales criaient, tout y était mélodie.

Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ? je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert ; je l’aime comme un artiste aime l’art ; je l’aime moins que je ne vous aime, mais sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus. »

Extrait du Lys dans la Vallée, d’Honoré de Balzac